3 jours à Sigiriya au Sri Lanka : itinéraire complet, conseils et récit de voyage
À la découverte des merveilles du triangle culturel du Sri Lanka entre temples millénaires, safaris et points de vue à couper le souffle
DESTINATIONSRI LANKA
21 min read
Publication 18.04.2026
Date du voyage Février 2026
Trajet Vols Turkish Airways (~11h) de Genève (GVA) à Colombo (CMB) avec une escale à Istanbul (IST)
Itinéraire
Jour 1 Arrivée au Sri Lanka et spectacle Habarana Cultural Show
Jour 2 Lion’s Rock, visite d’un village traditionnel et Pidurangala Rock
Jour 3 Polonnaruwa et Hurulu ECO Park Safari Tour
Nuits Elephas Resort & Spa
Jour 1 – Premiers pas au Sri Lanka
Nos vols avec Turkish Airways se sont très bien passés, c’était la première fois que je voyageais avec cette compagnie et ce ne sera sans doute pas la dernière. Pour le passage à l’immigration à l'aéroport de Colombo, rien de plus simple, nous nous munissons de notre passeport ainsi que de la version électronique de l’autorisation de voyage électronique (ETA), dont nous avions fait la demande sur le site officiel, et attendons patiemment notre tour. En une petite demi-heure, c’était réglé: On passe récupérer un de nos sacs que nous avions mis en soute et allons directement retirer un peu d’argent à un distributeur, histoire d’avoir de la monnaie si besoin.
BON À SAVOIR : pour retirer de l’argent sans frais aux distributeurs, il faut privilégier les banques Bank of Ceylon, Commercial Bank et Peoples Bank. De notre côté, nous avons principalement retiré à Bank of Ceylon qui ne nous a jamais pris de frais de retrait. Grace à notre carte Revolut, nous n'avons pas non plus eu de frais du côté de notre banque, ce qui peut être le cas lors de retraits à l'étranger.
Enfin, parmi les dizaines de personnes qui attendent dans l’espace des arrivées, nous trouvons notre guide-chauffeur qui nous accompagnera tout au long de notre séjour. Pas le temps de se poser un instant, nous embarquons directement dans notre véhicule et partons en direction de la ville de Sigiriya où nous passerons les prochains jours. Nous en avons pour un peu plus de trois heures de route, ce qui nous permet de faire un peu plus connaissance avec notre chauffeur et d'apprivoiser ce nouveau pays qu’est le Sri Lanka. Nous prenons également le temps de nous arrêter sur le bord de la route pour déguster un jus de noix de coco directement dans son fruit. Bien qu’un peu chaud car les noix attendent au soleil, le goût n’en reste pas moins délicieux. C’est ainsi que nous apprenons que les noix de coco jaunes sont exclusivement faites pour en boire le jus, alors que les vertes peuvent également se manger.
Alors que nous approchons gentiment de Sigiriya, notre guide nous met en garde contre les éléphants qui se baladent sur les routes et les chemins de la région et nous demande de ne jamais nous balader seules à pied, surtout en fin de journée et de nuit, car ceux-ci peuvent devenir agressifs.
BON À SAVOIR : depuis plusieurs années, le Sri Lanka fait face à un conflit grandissant entre les hommes et les éléphants. La perte de leur habitat naturel au profit de l’agriculture et de l'urbanisation entraîne la mort de centaines d'éléphants par année, mais aussi de dizaines de personnes car les éléphants continuent de prendre les mêmes chemins et les rencontres sont donc inévitables. D’un côté, les éléphants détruisent les cultures en continuant à emprunter leurs chemins habituels, tandis que les fermiers utilisent des méthodes de protection mortelles telles que des clôtures électrifiées, voire même parfois des explosifs.
Puis, comme si l’univers avait entendu notre conversation, voilà pas que nous croisons quelques instants plus tard, sur le bord de la route, notre premier éléphant sauvage, tentant visiblement de consommer un peu de verdure. Cette rencontre nous semble quelque peu irréel car ce n'est certainement pas quelque chose que nous vivrions dans nos contrées.
En arrivant finalement à notre hôtel, Elephas Resort & Spa, en fin de matinée, nous sommes accueillis avec un petit jus de fruit bien désaltérant, puis accompagnées à notre chambre, qui se situe à l’étage avec une petite terrasse surplombant la piscine, où nous nous installons avant d’aller faire un petit tour des lieux, puis de nous diriger vers le restaurant pour le repas du midi. Pour l'après-midi, notre plan est simple : se reposer en profitant de la piscine.
Vers 17h, notre guide passe nous chercher pour nous déposer à notre première activité de ce séjour : le Habarana Cultural Show, un spectacle de danses culturelles présenté par des performeurs en habits traditionnels. Situé à moins de 5 minutes de route de notre hôtel, nous nous y rendons tout de même en voiture car il est impensable pour notre guide d’y aller à pied, nous pourrions malencontreusement croiser des éléphants. Une fois sur place, on nous installe dans une sorte d'amphithéâtre à ciel ouvert, sur des grandes chaises en bois. L’endroit n’est pas immense et peu importe où l'on s’installe, on voit toujours bien la scène.
BON À SAVOIR : le spectacle commençant vers 18h et se tenant en extérieur, il est fortement conseillé de penser à se mettre de l’anti-moustique car nous avons pu en voir beaucoup se balader au-dessus de nos têtes durant la représentation.
Le Habarana Cultural Show coûte 12 USD par personne (9 CHF/10 EUR/9 GBP) et dure environ 1h30, pendant lesquelles différentes danses traditionnelles nous sont présentées, toutes en costumes plus impressionnants et scintillants les uns que les autres, et avec un final quelque peu spectaculaire avec les danseurs de feu. De plus, pour nous guider et nous accompagner tout au long du spectacle, on a la possibilité de récupérer, à l'entrée en arrivant, une fiche explicative, en plusieurs langues. Ainsi, si on ne comprend pas bien l’anglais, on peut tout de même suivre les explications de son côté.
À la fin de la représentation, on retrouve notre guide qui nous ramène à l'hôtel et nous met une nouvelle fois en garde contre le fait de se balader seules de nuit, toujours à cause des éléphants. Il nous dit que si nous souhaitons sortir pour manger en ville (l'hôtel se trouve quand même assez loin, dans la campagne), nous devons impérativement le contacter pour qu’il passe nous chercher en voiture. Cela fait maintenant trois fois en moins de 24h qu’il nous met en garde contre les éléphants et nous commençons à comprendre que le sujet est vraiment sérieux. Quoi qu’il en soit, nous n'avons pas l’intention de faire tard ce soir, la fatigue nous guette, et préférons essayer le buffet que propose notre hébergement. Il s'agit effectivement d’un buffet à volonté, qui propose une grande variété de plats traditionnels, chauds et froids, ainsi qu’une généreuse partie avec des desserts. C’est l’occasion pour nous de découvrir plein de nouvelles saveurs, parfois très épicées, mais toujours très bonnes.




Jour 2 – Découverte d’un village traditionnel et ascensions vertigineuse
Après une longue nuit réparatrice et un bon petit déjeuner, nous retrouvons notre chauffeur vers 8h30 pour nous emmener au Lion’s Rock (rocher du lion en français). Il s’agit d’un immense rocher de 370 mètres de haut qui abrite un site archéologique du Ve siècle classé au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1982. À son sommet, on retrouve les vestiges d’un ancien palais, édifié par Kassapa, le fils illégitime du roi Dhatusena, qui finit par le tuer et expulser son frère, le prince Moggallana, afin de s’emparer du royaume. Toutefois, afin de se protéger de son frère qui avait promis de revenir se venger de la mort de leur père, il construit cet énorme palais-forteresse. Mais cela ne suffisa pas puisque des années plus tard, le prince Moggallana, comme promis, revint au Sri Lanka pour le défier et récupéra son trône, ce qui engendra l’abandon du palais au sommet du rocher du lion.
BON À SAVOIR : le Lion’s Rock n’étant pas un monument religieux, il n’est pas obligatoire de se couvrir les épaules et les genoux. Cependant, il reste important de respecter la culture et les coutumes sri-lankaises. Ainsi, les débardeurs, les shorts et les bretelles fines sont acceptables, mais il faut tout de même éviter les tenues trop révélatrices.
À notre arrivée sur place, nous récupérons nos billets d'entrée au guichet qui coûtent, pour les visiteurs étrangers, 35 USD par personne (23 CHF/25 EUR/22 GBP) et partons directement à la découverte de ce célèbre rocher. Une fois la vérification des billets passée et les trois premières petites marches montées, nous arrivons dans la première partie du lieu qui se nomme les jardins royaux de Sigiriya. On y retrouve des jardins symétriques composés de plusieurs bassins, des jardins en terrasses, des fleurs et des arbres. Et dans les grandes douves qui encerclent le site, nous y avons même aperçu un crocodile qui faisait une petite sieste sur un rocher. Nous faisons ensuite face à une longue allée au bout de laquelle se dresse fièrement le Lion’s Rock et sommes stupéfaites par la taille de la bête, puis nous nous rappelons que nous allons devoir monter jusqu’à son sommet et commençons à douter de nos capacités. Mais notre guide nous rassure très vite, il ne s’agit pas ici de faire de l’alpinisme car de nos jours la montée se fait grâce à des escaliers en bois ou en fer, fixés fermement à même la roche. Au total, ce ne sont pas moins de 1’200 marches que nous devons gravir pour atteindre le palais situé au sommet du rocher du Lion. Nous commençons donc notre ascension au pied du rocher, sous le couvert des arbres, puis, très vite, prenons de la hauteur grâce à des escaliers en pierre. Il ne faut surtout pas hésiter à s'arrêter, de temps à autre, pour reprendre son souffle, boire un bon coup et admirer la vue qui se dévoile peu à peu.
À mi-parcours, on arrive sur un large espace plat, sur lequel on peut prendre le temps de se reposer un peu, se réapprovisionner en eau et passer aux toilettes si besoin. Surnommée la plateforme du Lion, c’est à ce niveau que l’on retrouve les deux gigantesques pattes avant du lion, taillées à même la roche, au milieu desquelles nous devons passer pour accéder à l’escalier pour l’ascension finale. Ses deux pattes sont malheureusement tout ce qu’il reste de la statue qui était le gardien du Rocher du Lion et il faut dire que cette mise en scène est assez impressionnante. Nous nous lançons donc à l’assaut de la seconde partie du parcours, qui peut être assez impressionnante, voire effrayante pour certains, car les escaliers sont maintenant attachés à même la roche avec des grosses tiges en fer et reposent quelque peu dans le vide. Les gens marchent lentement et on se retrouve un peu à la queue-leu-leu pour cette dernière étape. Ici, il n’y a plus d’arbres pour se protéger du soleil et de la chaleur, ce qui peut rendre la montée un peu plus éprouvante encore.
BON À SAVOIR : il vaut mieux privilégier la visite du Lion's Rock tôt le matin, ou en fin d’après-midi, non seulement pour éviter les foules de la journée, mais surtout pour ne pas se retrouver là-haut en pleine chaleur. Il est d’ailleurs bon d’emporter une bouteille d’eau avec soi, ainsi qu’un chapeau ou une casquette.
Arrivées en haut, la vue panoramique sur la jungle est simplement époustouflante. Le temps de reprendre notre souffle, nous nous posons sur des rochers pour l’admirer. Il est ensuite temps pour nous de découvrir l’incroyable site archéologique qui se cache au sommet de ce gros rocher : les vestiges du palais-forteresse de Kassapa. Bien qu’il soit un peu difficile de s'imaginer à quoi pouvait ressembler cet édifice, les murs restants nous permettent de nous rendre compte de sa taille extravagante. Aujourd’hui, ce sont surtout des familles de macaque à toque, des petits singes beiges, qui vivent sur place, et il est préférable de ne pas trop s’en approcher car ils ont une fâcheuse tendance à vouloir dérober nos effets personnels, voire même à nous donner des coups de griffes s'ils sont de mauvais poil.
Enfin, sur la descente, nous longeons le mur des miroirs, appelé ainsi car à l'époque ce mur de pierre était si soigneusement poli qu’on pouvait y voir son reflet, puis nous devons à nouveau gravir les quelques marches d’un escalier en colimaçon afin d’arriver à la fresque des demoiselles. Nichée au cœur d’une alcôve taillée dans la roche, on découvre une longue fresque datant elle aussi du Ve siècle, mettant en scène plusieurs femmes, nommées les demoiselles de Sigiriya, qui représenteraient peut-être les courtisanes du roi Kassapa. Et c'est ainsi que s'achève notre visite du rocher du lion, après deux bonnes heures sur place.
Pas le temps de souffler, nous enchaînons ensuite par la visite d’un village traditionnel de Sigiriya. Nous ne savons pas réellement à quoi nous attendre, mais partons curieuses. Comme première activité, on nous propose de grimper à l'arrière d’un tracteur pour nous faire découvrir la campagne environnante et avons même l’opportunité de le conduire quelques minutes, mais pas facile de croiser d’autres types de véhicules sur ces petites routes de campagne étroites, surtout lorsqu’il s’agit de charrettes tirées par des buffles ou de tuk-tuk. Nous arrivons ensuite au bord d’un lac où nous embarquons sur un catamaran traditionnel pour faire un tour du lac et observer la faune sauvage. Comme nous avançons à la rame, il n’y a donc aucun bruit de moteur, ce qui rend l’endroit très calme. Nous voyons pas mal d'espèces d’oiseaux, mais comme le temps est tranquillement en train de tourner à la pluie, nous ne verrons pas beaucoup plus d’animaux ici.
De retour sur la terre ferme, un tuk-tuk passe nous récupérer et nous ramène au village de départ où nous assistons à un cours de cuisine sri-lankaise avant de déguster les plats soigneusement préparés par nos hôtes. Il y en a pour tous les goûts : viande, poisson, légumes, riz, tout y passe et tout est délicieux. Et en dessert, nous testons une autre tradition culinaire du Sri Lanka : le Mee Kiri. Ressemblant dans l’idée au yogourt grec, il s’agit de lait de bufflonne fermenté, crémeux et onctueux, nappé de Kitul pani, un sirop de palmier sucré qui fait penser à du miel ou du sirop d'érable. On en redemande ! C’est sans aucun doute la partie de la visite que nous avons préférée, car il est vrai que le reste du parcours semble avoir été minutieusement pensé pour trimballer les touristes, et cela fait perdre de son charme à toutes ces activités. Le tout nous aura d’ailleurs coûté environ 16 CHF par personne (17,5 EUR/15 GBP).
Pour notre dernière visite de la journée, nous avons demandé à notre guide de nous déposer au pied du rocher Pidurangala car nous souhaitons tenter la randonnée qui mène à son sommet. De là-haut, il se dit qu’on a une vue imprenable sur les paysages environnants, ainsi que sur son célèbre voisin, le Lion’s Rock, que nous avons découvert plus tôt dans la journée. Le billet d’accès s’achète sur place, au temple bouddhiste situé à l’entrée du sentier, et coûte 1’000 LKR (2,5 CHF / 3 EUR / 2 GBP). Comme nous avons l’obligation de traverser le temple pour rejoindre le haut du rocher, il est d’usage de se couvrir les genoux et les épaules, même si on ne s’y arrête pas. Ensuite, nous suivons le chemin qui mène rapidement à des escaliers en pierre qui serpentent à travers la forêt, jusqu’à une ancienne statue de Bouddha allongé. C’est à partir de ce moment-là que le sentier devient plus escarpé et on doit parfois même un peu deviner le chemin à prendre. Notre astuce, suivre les espèces de lampadaires verts que l’on croise de temps à autre. C’est notre moyen de savoir que nous sommes toujours sur la bonne voie. Les derniers mètres menant au sommet nécessitent tout de même un peu d’agilité et de force dans les bras car quelques passages sont pratiquement de l’escalade. Il vaut donc mieux prévoir de bonnes chaussures et des vêtements que l’on a pas peur d'abîmer. Mais pas de panique, on n’est rarement seul au sommet, et l’entraide est très présente, à la fois sur la montée comme au moment de la descente, et c’est beau à voir !
BON À SAVOIR : bien que moins prisé que son voisin le Lion’s Rock, le rocher Pidurangala devient de plus en plus populaire, et peut s'avérer particulièrement fréquenté lors du coucher de soleil. Côté équipement, il faut privilégier de bonnes chaussures qui tiennent aux pieds, une couche de vêtement supplémentaire pour se couvrir au moment du passage par le temple, une bouteille d’eau, mais également une lampe de poche/frontale pour redescendre une fois la nuit tombée. Sur conseil de notre guide, il est également particulièrement déconseillé de faire l’ascension sous la pluie car les rochers deviennent rapidement glissants.
Une fois au sommet, nous sommes tout de suite récompensées par cette vue incroyable ! Nous arrivons sur un large espace plat sur lequel semblent vivre des familles de macaque et quelques chiens errants. Ceux-ci cohabitent plus ou moins bien et se chamaillent de temps à autre. Nous restons là, assises devant ce panorama presque irréel et contemplons le temps qui passe. Puis, nous partons explorer le reste du rocher, qui est lui aussi plutôt plat, ce qui n’est pas désagréable après la montée sportive que nous avons affrontée. Enfin, pour ne pas avoir à faire la descente dans le noir (nous ne sommes pas du tout équipées pour ça), nous repartons avant le coucher du soleil. La descente semble étrangement bien plus simple que la montée, mais aussi plus rapide, ce qui n’est pas pour nous déplaire car la fatigue de cette journée bien chargée commence à se faire sentir. Nous retrouvons notre guide qui était en pleine sieste dans la voiture et il nous ramène à notre hôtel où nous passerons notre soirée.




Jour 3 – Entre sites archéologiques et rencontre avec les éléphants
Une nouvelle matinée de visite commence. Nous quittons l'hôtel vers 8h en direction du site archéologique de Polonnaruwa et c’est au niveau du musée archéologique de Polonnaruwa que notre journée commence. Nos billets d’entrée nous coûtent 30 USD par personne (23 CHF / 25 EUR / 22 GBP), et nous donnent accès aux 122 hectares qui constituent ce site classé au patrimoine mondial de l’Unesco. Nous nous lançons tout d'abord à la découverte de ce musée ou notre guide ne nous accompagne étonnamment pas, mais nous conseille vivement de jeter un œil attentif aux différentes maquettes qui reconstituent les bâtiments que nous allons pouvoir découvrir sur les différents sites. Il nous fait toutefois bien comprendre que nous ne devons pas trop nous attarder ici car le plus intéressant se trouve dehors, et que nous ne voulons pas nous retrouver avec les nombreux groupes de tours guidés qui vont arriver sous peu. C’est donc un peu au pas de course que nous parcourons les allées du musée et en retenons tout de même que Polonnaruwa fut la capitale du royaume de Ceylan du XIᵉ au XIIᵉ siècle et c’est sous le règne du roi Parakramabahu Ier que celle-ci atteindra son âge d’or avec la construction de nombreux palais, temples et autres grands réservoirs d’eau.
Une fois la partie musée terminée, nous découvrons le Palais Royal, construit par le roi Parakramabahu Ier. Ce palais, dont la splendeur a été reconstruite en maquette au musée, comportait plusieurs étages et était autrefois une structure massive. Aujourd’hui, seuls les trois premiers étages sont encore visibles. Bien que la météo ne soit pas vraiment de notre côté ce matin (il semble que la pluie ne soit vraiment pas loin), nous faisons le tour des lieux et découvrons également la salle du conseil et les bains royaux. Au détour d’un mur de pierre, quelque peu caché au fond du site, nous croisons un nouvel animal à ajouter à notre pokédex : un bel iguane qui tente certainement, tant bien que mal, de récupérer un peu de chaleur émanant des pierres.
Nous nous rendons ensuite à Dalada Maluwa, aussi connu sous le nom de Quadrilatère Sacré, un complexe religieux qui abrite plusieurs monuments importants dont le Vatadage, une structure circulaire qui aurait abrité la célèbre relique de la dent du Bouddha. Ici, si on souhaite visiter l'intérieur des vestiges, il est nécessaire d’enlever ses chaussures, ce qui nous mène à marcher pieds nus sur des petits cailloux et dans la terre. Rien d’insoutenable bien entendu, cela nous fait même un petit massage plantaire gratuit, mais certains visiteurs choisissent tout de même de garder leurs chaussettes (ce qui est tout à fait acceptable). Le Vatadage est de loin notre batiment favori du lieu et sa construction circulaire est totalement différente de tous les monuments que nous avons pu découvrir jusqu’à présent. Comme souvent au Sri Lanka, lorsqu’il y a des sites touristiques, il y a des singes. Ici, nous n’en croisons que deux, mais nous restons tout de même sur nos gardes.
Un peu plus loin sur la route, nous nous arrêtons quelques instants au Rankot Vihara, un impressionnant dôme de 54 mètres de haut. Nous en faisons le tour, toujours sans nos chaussures, mais il semble impossible d’entrer à l'intérieur de cette structure monumentale.
Avant de rejoindre le point d’orgue de notre visite du site archéologique de Polonnaruwa, nous faisons une dernière halte au niveau des vestiges de ce qui était autrefois un complexe monastique servant à l’enseignement des moines, selon notre guide. Au-delà de ces monuments que nous pouvons y découvrir, ce sont plutôt les familles de singes gris que nous croisons sur place qui attirent notre attention. Contrairement à ceux que nous avons vus jusqu’à présent, les macaques à toque, ceux-ci sont bien plus grands et semblent plus calmes, se sont des langurs gris. Ils ont un côté majestueux alors que les autres semblent plutôt foufous. Ils sont magnifiques à admirer, mais toujours de loin pour ne pas les effrayer.
Dernière étape de la visite, le clou du spectacle : le Gal Vihara. Il s’agit d’un sanctuaire bouddhiste célèbre pour ses statues de Bouddha taillées dans une seule paroi rocheuse. Ici aussi, si on souhaite s’approcher, on enlève nos chaussures. Et contrairement aux autres lieux que nous avons visités ce matin, quelqu’un est là pour s’assurer que tout le monde suive bien la consigne.
BON À SAVOIR : selon la coutume, il est très mal vu de tourner le dos à une statue de Bouddha. De ce fait, il est interdit de faire un selfie avec ses représentations, que ce soit en statues ou en peintures. C’est une consigne que notre guide nous avait déjà donnée et que nous retrouvons souvent sur les panneaux indicatifs autour des lieux concernés.
Au moment où nous arrivons sur place, un autre tour guidé s’élance pour s’approcher des statues et c’est sans surprise que plusieurs d’entre eux se font refuser l’entrée car ils ne sont pas habillés correctement (pour rappel, on couvre ses genoux et ses épaules). C’est le premier endroit qui est aussi bien régulé et cela nous laisse penser qu’il doit être particulièrement prisé des visiteurs.
À notre tour, nous entrons dans le périmètre de ses quatre grandes statues sculptées à même la roche. Le premier Bouddha mesure 7 mètres et est assis, en position de méditation. Le second, plus petit, est également en position assise, quant au troisième Bouddha, il est debout avec les bras repliés sur sa poitrine. Enfin, le quatrième Bouddha est en position couchée et mesure pas moins de 14 mètres de long, ce qui rend la prise de photo un peu compliquée, mais heureusement pour moi, j’avais prévu un objectif grand angle. Nous croisons d’ailleurs un couple de Canadiens qui essaye tant bien que mal de se prendre en photo avec cette dernière statue tout en évitant de lui tourner le dos. C’est assez drôle à regarder car ce n’est pas un souci que l’on rencontre tous les jours. Ils ont d’ailleurs fini par opter pour une photo de profil, ce qui, techniquement, ne leur fait pas totalement tourner le dos à Bouddha.
Ce midi, nous mangeons une nouvelle fois dans un restaurant qui accueille des groupes. Ici, pas de plats à la carte, il s’agit d’un généreux buffet de différents plats traditionnels, épicés ou… moins épicés, mais qui n’en restent pas moins délicieux. En dessert, nous avons à nouveau droit au Mee Kiri, le yogourt grec srilankais.
Nous enchaînerons avec le programme de l’après-midi, un safari dans le parc écologique de Hurulu à la rencontre de la faune sauvage. Nettement moins fréquenté que ses voisins, Minneriya National Park et Kaudulla, Hurulu ECO Park est également un peu moins cher : nous payons 70 USD pour deux personnes, soit 35 USD par personne (27 CHF/30 EUR/26 GBP), ce qui inclut les frais d’entrée dans la réserve, la jeep et son chauffeur. Ici, nous aurons peut-être la chance de pouvoir observer, en plus des éléphants, des tortues, des buffles, des paons, des cerfs ainsi que des singes. Nous troquons donc la voiture de notre guide pour une jeep à toit ouvert et entrons dans la réserve. D’abord précédés par deux autres véhicules, nous bifurquons assez rapidement pour nous retrouver seuls sur les pistes et c’est à ce moment-là que nous apercevons nos premiers éléphants, cachés dans les hautes herbes. Le chauffeur de la jeep fait alors demi-tour pour s’en rapprocher au maximum, mais éteint vite son moteur pour ne pas les déranger et nous demande également de chuchoter et de ne pas faire de gestes brusques qui pourraient les effrayer. Par un miracle qui ne se reproduira plus durant notre visite, nous sommes le seul véhicule sur place, dans le silence le plus complet, à observer ces deux pachydermes mâles dont l’un a même des défenses, ce qui semble être plutôt rare selon notre guide. Un instant fugace, mais magique. Ils continuent alors leur chemin comme si de rien n’était et nous en faisons ensuite de même.
Durant nos trois heures de visite sur les sentiers du parc écologique de Hurulu nous croiserons pas mal d'éléphants mâles solitaires, mais ne seront plus jamais seuls avec eux. Par moments, notre jeep sera même encerclée par des dizaines d’autres véhicules, ce qui donnera lieu à des micmacs interminables pour pouvoir ressortir de là. C’est là que nous prenons conscience du mauvais côté des safaris : dès qu’un chauffeur repère un éléphant, il informe les autres qui rappliquent tous en même temps et c’est alors la guerre à celui qui arrivera à s'en approcher le plus. Là où notre chauffeur reste plutôt toujours à bonne distance, certains prennent tous les risques pour être au premier rang.
Le moment le plus marquant de cet après-midi restera certainement lorsque nous rejoignons deux autres jeeps ayant repéré une famille d'éléphants, avec des petits. Cette fois-ci, pas de bataille pour avoir la meilleure place, la famille est en mouvement et nous faisons tout pour ne pas les gêner. C’est dans un silence des plus total que nous sortons tous nos meilleurs objectifs photos et passons de longues minutes à observer tout ce petit monde vaquer à ses occupations. C’est juste magnifique.
Avant de terminer ce safari, notre chauffeur nous emmène à un point de vue bien en hauteur sur un gros rocher sur lequel a été construite une petite cabane sur pilotis qui nous permet d’avoir un point de vue imprenable sur la nature environnante. En tout, nous aurons eu la chance de pouvoir observer des dizaines d'éléphants, des buffles d’eau et des oiseaux en tout genre. C’était une expérience très intéressante à vivre et nous sommes ravies d’avoir pu observer cette faune sauvage d’aussi près, mais nous ressentons tout de même un certain décalage entre ce que nous venons de vivre et les mises en garde perpétuelles de notre guide à l’encontre des éléphants agressifs que nous pouvons croiser en bord de route.
Enfin, comme un dernier cadeau pour bien clôturer cette journée et notre séjour à Sigiriya, alors que le chauffeur de la jeep nous ramène au point de départ, nous apercevons, dans les hautes herbes en bord de route, une grande famille d’éléphants et décidons de nous arrêter pour une dernière session d’observation. Et là, plus le temps passe, plus la troupe s'agrandit et se sont rapidement des dizaines de congénères qui évoluent devant nous. Même le chauffeur de la jeep reste bouche bée devant un tel spectacle tant il est rare de pouvoir en croiser autant à la fois.
C’est une nouvelle journée bien remplie qui se termine alors. Notre guide nous dépose à notre hôtel où nous passerons la soirée avec des souvenirs plein la tête. Demain, nous quitterons Sigiriya et le triangle d’or pour nous diriger plus au sud en direction de Kandy et des plantations de thé où nous continuerons la découverte de ce beau pays qu’est le Sri Lanka.


