Siem Reap et les temples d'Angkor : itinéraire complet, conseils pratiques et récit de voyage

Découvrir les trésors et les curiosités de cette province cambodgienne en 6 jours

DESTINATIONCAMBODGE

32 min read

Publication 06.04.2026

Date du voyage Novembre 2025

Trajet vols Lufthansa avec deux escales (~15h) de Genève (GVA) à Siem Reap (SAI) en passant par Munich (MUC) et Bangkok (BKK)

- Itinéraire -

Jour 1 Arrivée et découverte de la ville
Jour 2 Jardin Botanique Angkor et Visitor centre APOPO
Jour 3 Lotus Silk Farm
Jour 4 Temples du complexe de Koh Ker, Beng Mealea et Banteay Srei
Jour 5 Angkor Wat, Ta Prohm, Ta Keo, Bayon
Jour 6 Preah Khan, Neak Pean, East Mebon, Ta Som, Pre Rup, Phnom Bakheng
Nuits Babel Siem Reap Guesthouse

Jour 1 - Premiers pas au Cambodge

Tous nos vols et nos différentes escales se sont très bien passés et nous arrivons enfin à l’aéroport de Siem Reap vers 18h, alors qu’il fait déjà presque nuit. Lors de la préparation de notre voyage, nous avions fait une demande de eVisa en ligne sur le site officiel, que nous avions imprimé en deux exemplaires, comme demandé, et avons rempli le e-Arrival qui nous a donné un QR code à montrer au moment de passer l’immigration à l’arrivée au Cambodge. Grâce à toutes ces démarches faites en avance, nous n’avons pas perdu trop de temps en arrivant. La version papier du eVisa nous a bien été demandée, mais pas le QR code du e-Arrival.

BON À SAVOIR : le eVisa n’est pas accepté à tous les postes frontières, il est donc très important de bien se renseigner avant d’en faire la demande. Quoi qu’il en soit, il est toujours possible de faire son visa directement à l’arrivée, aux guichets dédiés.

Il ne nous faut qu’une petite demi-heure pour enfin mettre les pieds officiellement au Cambodge. Nous aurions très bien pu prendre un bus ou un tuk-tuk pour rejoindre notre hôtel, mais après 15h de voyage, nous préférons choisir la facilité et avons accepté la proposition de l'hôtel de nous envoyer un chauffeur pour nous récupérer. Durant le trajet, on nous explique que l'aéroport est nouveau et qu’il a été construit par des investissements chinois, ce qui ne semble pas être très positif vu le ton sur lequel le chauffeur nous l’explique. La route qui mène de l'aéroport à la ville est une longue ligne droite qui coupe à travers champs et qui est totalement plongée dans le noir, c’est assez étonnant et nous sommes un peu deçus de ne pas pouvoir admirer le paysage.

Une fois à l'hôtel, Babel Siem Reap Guesthouse, nous sommes chaleureusement accueillis au niveau du bar/restaurant qui sert également de réception et on nous dirige vers notre chambre, tout en enlevant nos chaussures avant d’entrer dans la partie intérieure de l’établissement (ici, tout le monde se balade en chaussettes ou à pieds nus). Notre chambre est spacieuse et donne sur la piscine. Les murs sont couverts de dessins : des arbres, des girafes ou encore des éléphants. On apprendra plus tard que durant la pandémie de 2020, alors que les écoles et les hôtels avaient dû fermer, l’établissement accueillait les enfants du quartier pendant que leurs parents devaient continuer de se rendre au travail pour subvenir aux besoins de leurs familles et cette chambre était alors devenue une salle de jeu.

Une fois nos affaires déposées et après avoir fait un petit tour de l'hôtel et du quartier, nous n’avons pas le courage de ressortir pour manger et décidons de tester le restaurant sur place qui propose des plats traditionnels. Sans bien savoir ce que le menu nous propose, nous commandons plusieurs petites entrées pour découvrir un peu de tout et nous nous régalons. Enfin, il est temps pour nous d’aller nous coucher et d’essayer de dormir un peu afin d’être en forme demain pour entamer notre première journée complète au Cambodge.

Jour 2 - Jardin botanique Angkor et centre APOPO

Avec 6h de décalage horaire, il a quand même été difficile de trouver le sommeil, malgré la fatigue et nous avons dû mettre un réveil vers 10h pour être certains de ne pas dormir jusqu’à 15h. Une fois notre petit déjeuner englouti et encore un peu dans les vapes, nous passons tout d’abord à un distributeur de billets pour retirer un peu d’argent, puis commandons un tuk-tuk avec l’application Grab pour nous rendre au Angkor Botanical Garden, un jardin botanique situé sur la route des temples d’Angkor. Sur une surface d’environ 15 hectares, divisée en plusieurs sections, se côtoient arbres, fleurs et herbes aromatiques ainsi que plusieurs animaux comme des lapins, des poules ou encore des paons. L’entrée est gratuite si on s’abonne à leur page Instagram ou Facebook, ce que nous avons fait, et nous voilà partis à la découverte des multiples allées de ce grand jardin. Au détour de l’enclos des paons, nous rencontrons un père cambodgien et ses enfants avec qui nous échangeons un peu sur la vie ici, les habitudes de chacun, etc., et c’est totalement le genre de rencontre que nous aimons faire en voyage.

Nous nous dirigeons ensuite vers Rukha Cafe & Restaurant qui se situe dans le jardin botanique, afin de déguster notre premier repas cambodgien. Nous optons pour un lok lak de bœuf, un plat typique du pays, ainsi que des nouilles sautées aux légumes. Un vrai délice ! En début d’après-midi, alors que nous nous baladons encore un peu dans les jardins, le ciel s'assombrit et quelques averses nous rappellent que la saison des pluies n’est pas encore tout à fait finie.

Une fois notre visite des lieux terminée, nous retrouvons la sortie et marchons jusqu’au APOPO Visitor Center qui se situe à 5 minutes de là. Malgré la courte distance, ce ne sont pas moins de 3 tuk-tuk qui nous interpellent pour nous demander si nous avons besoin d’un véhicule. Nous les remercions poliment, mais préférons marcher, et c’est à ce moment-là que nous commençons à mesurer l'omniprésence de ce type de transport dans le pays.

Arrivé à APOPO, on nous informe que la visite du centre est obligatoirement guidée et que la suivante commencera dans une trentaine de minutes. Nous comprenons également que cette visite étant plutôt prisée dans la région, nous aurions dû réserver à l’avance afin de nous assurer d’avoir une place. Heureusement pour nous, il restait quelques disponibilités pour la visite suivante, qui était d’ailleurs la dernière de la journée et pour laquelle nous avons payé 10$ par personne (8 CHF/9 EUR/7.5 GBP). Nous avons donc le temps de parcourir la petite partie boutique et de lire les différents panneaux explicatifs. Une partie "musée" expose même quelques unes des mines que les dénicheurs ont retrouvés au fil des années. APOPO, qui signifie en français “Développement d'un produit de détection anti-mines terrestres”, est une organisation non gouvernementale belge qui forme des cricétomes des savanes (des gros rats) pour leur apprendre à détecter des mines antipersonnel ou la tuberculose grâce à leur odorat. Ici au Cambodge, ils sont principalement utilisés dans les régions les plus fortement contaminées par les mines antipersonnel qui se situent à proximité de la frontière avec la Thaïlande. C’est en 2017 que le Visitor Centre ouvre ses portes à Siem Reap qui a pour objectif de présenter le déminage humanitaire et l'action d'APOPO. Durant la visite guidée, on nous explique comment ces petites boules de poils sont entraînées et nous avons même le droit à une démonstration en direct : une partie d’un champ miné est quadrillée, deux membres de l’équipe se tiennent de part et d’autre du champ et le rat fait des allers/retours tout en sniffant le sol. Dès qu’il détecte une mine, il se met à gratter le sol frénétiquement pour signaler l’emplacement, puis il est remplacé par un démineur qui scanne l’endroit avec un détecteur pour s’assurer de l’emplacement exact. Ce n’est qu’ensuite que le déminage commence. Et si tu te demandes si cette opération peut être fatale à ses petits rats, la réponse est non, ils sont heureusement bien trop légers pour enclencher le mécanisme de détonation.

Après la démonstration, nous avons l’opportunité de rencontrer quelques-uns de ses rats héros, comme ils sont appelés ici. Toute personne qui souhaite entrer en contact avec l’un d’eux doit d’abord passer par le nettoyage au savon des mains et des avant-bras afin de ne pas leur transmettre de bactéries. Enfin, nous sommes invités à prendre place dans une salle où un film démontrant leurs actions sur le terrain nous est projeté, ce qui nous aide à visualiser concrètement les choses qu’on nous a expliquées tout au long de la visite. Je recommande à 100% de prendre le temps de venir découvrir cet endroit qui a un réel impact positif sur le quotidien de la population cambodgienne.

Lorsque nous sortons du Visitor Centre, il pleut à nouveau et la nuit commence à tomber. Nous décidons donc de rentrer à l'hôtel pour y passer la soirée tranquillement et appelons donc un tuk-tuk avec l’application Grab car avec ce temps, nous n’avons pas tellement envie de rentrer à pied et de finir trempés.

Jardin botanique de Siem Reap, Cambodge
Jardin botanique de Siem Reap, Cambodge
Jardin botanique de Siem Reap, Cambodge
Jardin botanique de Siem Reap, Cambodge

Jour 3 - Lotus Silk Farm

Nouvelle nuit quelque peu hachée, décidément la gestion du décalage horaire lorsque l’on voyage vers l’Est est un peu moins fluide que lorsqu’on va vers l’Ouest. Ce matin, nous partons à la découverte d’une ferme artisanale de soie de lotus, située à 20 minutes au sud de Siem Reap et une fois encore, nous nous y rendons en tuk-tuk, commandé avec Grab. Cette fois, ce n’est pas un tuk-tuk comme on a l’habitude d’en voir qui passe nous prendre (d'ailleurs ceux-ci sont appelés rickshaw ici au Cambodge), mais plus une remorque, qui est le tuk-tuk traditionnel cambodgien. Celle-ci est bien plus spacieuse et ouverte que le rickshaw où on est plus enfermé.

BON À SAVOIR : pour les déplacements en tuk-tuk, le rickshaw semble être bien plus répandu que la remorque, mais cette dernière, bien qu’un peu plus chère, permet vraiment de pouvoir profiter des paysages alentours et on a vraiment le sentiment d'être en extérieur, ce qui est très agréable. Si on a beaucoup de bagages, il est aussi préférable de privilégier ce moyen de transport pour ne pas se retrouver coincé sous ses sacs. Sur l’application Grab, il est souvent proposé plusieurs moyens de transport pour un trajet, et la différenciation entre le rickshaw et la remorque traditionnelle est très claire.

Grâce à ce mode de transport inédit, nous passons un agréable moment. Le trajet nous fait découvrir le très animé centre de Siem Reap avec la fameuse Pub Street, cette rue bordée de bars et de restaurants en tout genre, ainsi que plusieurs petits marchés. Nous sortons ensuite de la ville et traversons la campagne environnante où les habitations se font plus rares. Arrivé sur place, notre chauffeur nous demande s’il doit nous attendre pour le trajet retour, proposition que nous acceptons sans trop réfléchir. Il ne serait en effet pas très rentable pour lui de faire le trajet retour en ville sans voyageur et nous ne voulons pas devoir attendre trop longtemps au moment de rentrer, qu’un autre tuk-tuk veuille bien faire le trajet à vide jusqu’ici, c’est donc gagnant pour tout le monde.

Nous entrons donc dans la ferme artisanale de soie de lotus ou nous sommes directement accueillis par une gentille dame qui nous demande en quelle langue nous souhaitons faire la visite. Durant mes recherches, j’avais compris qu’il était possible qu’une visite guidée en français soit proposée et c’est en effet le cas. On nous propose également plusieurs options de visite : visite et explications des différents processus de fabrication de la soie de lotus avec la possibilité d’ajouter une partie atelier créatif où on s’essaye à la fabrication de plusieurs objets fabriqués à base de lotus et/ou faire un tour en bateau à travers les champs de lotus. Dans tous les cas, on a également droit à une dégustation de thé traditionnel de lotus. Nous optons pour la visite guidée des lieux, au prix de 5$ par personne (4 CHF/4.5 EUR/ 4 GBP), et ajoutons la balade en bateau au milieu des lotus pour 10$ par personne (8 CHF/9 EUR/7.5 GBP).

Nous voilà donc directement partis pour la visite de la production de soie de lotus. On nous explique qu’une fois que les fleurs de lotus sont récupérées par les producteurs, les tiges sont revendues à la ferme pour en extraire la soie. Plusieurs étapes sont bien entendu nécessaires avant de pouvoir utiliser un fil de soie de lotus et en faire des vêtements, et nous les voyons toutes une par une : extraction des fibres, filage et enfin tissage. Pour une seule écharpe, ce processus prend environ deux mois. Ici, seules des femmes des communautés avoisinantes travaillent, ce qui permet de leur redonner un peu d’autonomie. Nous voyons ensuite des produits finis, disponibles à la vente dans la boutique, dont la fameuse écharpe qui met tant de temps à être fabriquée. On nous invite ensuite à prendre place à une table sur la terrasse surplombant la rivière, pour déguster le thé traditionnel de lotus, un thé qui sèche enrobé dans une fleur de lotus, afin de lui donner son parfum unique. Enfin, lorsque nous avons terminé, il est temps pour nous de partir découvrir les champs de lotus en bateau (à rame bien entendu), pour un vrai moment de calme au milieu de la beauté de ces fleurs.

La visite de cette ferme artisanale de soie de lotus touche maintenant à sa fin, nous y avons possiblement passé deux bonnes heures, si ce n’est plus, et comme promis, notre chauffeur de remorque nous attend sagement là où il nous avait laissé. En nous ramenant vers Siem Reap, il essaye tant bien que mal de nous faire accepter un tour de la ville en sa compagnie, mais il fait extrêmement chaud et humide en ce début d’après-midi et nous n’avons qu’une envie, profiter de la piscine de notre hôtel.

En fin de journée, nous avons envie de faire un petit tour dans un supermarché du coin pour voir ce que nous pourrions trouver d’original à manger. C’est quelque chose que nous aimons bien faire en voyage, afin de découvrir la nourriture des pays dans lesquels nous sommes. Au Japon, c’est ainsi que nous avions découvert des fruits et légumes d’une qualité et d’une taille impressionnantes, ainsi qu’une multitude de plats frais à emporter. Mais ici, au Cambodge, il semblerait que la culture du supermarché n’existe pas autant comme on en a l’habitude. Nous avons même de la peine à en trouver un dans les alentours de notre hôtel car il semblerait que les gens aillent plutôt directement au marché. En faisant des recherches, nous tombons sur deux enseignes qui pourraient ressembler un peu à ce que nous connaissons et qui sont accessibles à pied depuis notre hôtel : le premier propose surtout des boissons et des produits cosmétiques, rien qui pourrait nous nourrir pour ce soir, et le second, un 7-Eleven sur lequel nous avions placé tous nos espoirs, est visiblement plutôt orienté alcools et petits snacks. Dommage, ce n’est pas ce soir que nous ferons des petites courses locales. Nous nous rabattons donc sur un restaurant japonais que nous avions croisé en chemin et qui semble bien vide : The Hashi. Nous poussons la porte de l’établissement et sommes chaleureusement accueillis par un employé. Nous ôtons nos chaussures et nous installons à une table où nous sommes assis par terre. On aime tout de suite cette ambiance japonaise qui nous rappelle notre voyage de l’année dernière. La carte propose tous les plats phares du Japon et nous optons finalement pour un saumon sauce teriyaki et des brochettes de poulet, le tout accompagné de petites salades. C’est vraiment une belle découverte et nous apprécions beaucoup ce moment dans ce restaurant.

Balade en bateau à travers les lotus, Siem Reap, Cambodge
Balade en bateau à travers les lotus, Siem Reap, Cambodge
Piscine de l'hotel Babel Siem Reap Guesthouse, Cambodge
Piscine de l'hotel Babel Siem Reap Guesthouse, Cambodge
Une fleur de lotus, Siem Reap, Cambodge
Une fleur de lotus, Siem Reap, Cambodge

Jour 4 - Temples de Koh Ker, Beng Mealea et Banteay Srei

Ce matin, les choses sérieuses commencent. Nous avons réservé, via GetYourGuide, un tour groupé pour visiter des temples qui se situent un peu plus loin de Siem Reap et qui sont souvent moins visités par les voyageurs, tels que le complexe de Koh Ker, Beng Mealea et Banteay Srei. Cependant, au moment de rencontrer notre guide et notre chauffeur, on nous informe que ce sera finalement un tour privé puisqu’il y a eu un désistement de dernière minute et qu’il y a donc plus que nous pour aujourd’hui. Au lieu d’un minibus, c’est donc une voiture confortable qui passe nous prendre directement à notre hôtel. Notre première étape de la journée, qui n’a rien à voir avec les temples, est plutôt culinaire. En chemin pour le temple Beng Mealea, nous nous arrêtons au village de Preah Dak, plus connu sous le nom de Palm Cake Village, car ici sont préparés, de façon artisanale, des petits gâteaux à base de pulpe de fruit de palmier à sucre, de farine de riz et de lait de coco. Ces douceurs traditionnelles cambodgiennes sont cuites à la vapeur, servies, encore chaudes, dans de petits contenants en feuilles de bananier et garnies de noix de coco fraîchement râpées. Un vrai régal ! Ici, nous avons même la possibilité de voir, étape après étape, la confection des Palm Cake, ce qui ouvre encore plus l'appétit. Nous repartons de là les bras chargés de ces petites merveilles.

Nous arrivons ensuite aux abords du temple Prasat Beng Mealea, situé à une bonne heure de route de Siem Reap et qui aurait été construit entre 1112 et 1152 sous le règne de Suryavarman II. Comme nous avons déjà acheté le Pass Angkor valable 3 jours, en prévision de nos futures visites, nous n’avons pas besoin d’acheter un ticket supplémentaire pour accéder au temple Beng Mealea, puisque celui-ci est aujourd’hui compris dans le pass (ce qui n’a visiblement pas toujours été le cas par le passé). Dans le cas contraire, le prix d’entrée est de 10 USD par personne (8 CHF/9 EUR/7.5 GBP), à payer sur place ou sur le site officiel d’Angkor Entreprise. Il n’y a pratiquement personne en ce début de matinée, les lieux sont calmes et paisibles, on n’entend que le chant des oiseaux, le vent dans les feuilles et nos bruits de pas sur le sol. Avec le temps, les pierres du temple ont commencé à s'effondrer et la nature a repris ses droits. Les arbres grandissent et se faufilent à travers les anciens murs, ce qui donne à l'endroit un petit air de temple perdu à la Indiana Jones. De cette journée de visites de temples, c’est sans aucun doute celui qui m’a le plus marqué, tant par son atmosphère que par son apparence sauvage.

Nous reprenons la route en direction des temples du complexe de Koh Ker. Ceux-ci n’étant pas compris dans le Pass Angkor, nous devons cette fois nous procurer des billets d’entrée. Tout comme pour l’achat du Pass Angkor, nous retournons sur le site d’Angkor Entreprise et payons 15 USD par personne (12 CHF/13 EUR/11 GBP) pour avoir accès à tous les temples du complexe, pendant une journée. Si besoin, il est aussi possible d’acheter son entrée directement sur place.

Notre première visite du complexe est un tout petit temple, dont le nom m’échappe, et qui semble être gentiment sur le point de s'effondrer. Des poutres en bois ont d’ailleurs été ajoutées pour condamner l’entrée et soutenir la structure. À l'intérieur du temple se trouve un linga, une sculpture en pierre qui symbolise l'essence du dieu Shiva et qui est érigée pour effectuer des rites visant à purifier l'eau du fleuve et la rendre fertile. Les lieux sont totalement déserts, notre voiture est la seule à être stationnée dans le coin et nous n’avons croisé aucun autre véhicule en venant.

Nous ne nous attardons pas vraiment ici car il n’y a rien d'autre à voir aux alentours si ce n’est ce linga et nous rebroussons donc un peu la route pour rejoindre le temple principal du complexe de Koh Ker, Prasat Prang, le temple en forme de pyramide à sept degrés. Celui-ci aurait été construit sous le règne du roi Jayavarman IV au Xe siècle et a brièvement été la capitale de l’empire khmer avant que celle-ci ne revienne à Angkor dans la province de Siem Reap. Une fois n’est pas coutume, durant nos visites du jour, les lieux sont quasiment vides, ce qui rend l’édifice encore plus majestueux et imposant du haut de ses 35 mètres. Ce qui saute tout de suite aux yeux, c’est la différence d’architecture avec les autres temples. Celui-ci a une forte ressemblance avec le Chichen Itza au Mexique et c’est étonnant de voir à quel point des peuples si éloignés géographiquement ont pu se mettre à construire des édifices d’une forme si similaire. Aujourd'hui, l’escalier principal n’est plus accessible car bien trop dangereux pour le public, mais un nouvel escalier en bois a été aménagé à l'arrière pour permettre aux visiteurs de grimper au sommet de la pyramide afin de contempler la vue panoramique sur la jungle environnante. Le guide ne nous accompagne pas jusqu’au sommet, il dit que c’est quelque chose que nous devons faire avec nous-mêmes, un peu comme un chemin spirituel, et que nous devons prendre le temps. C’est bien la première fois qu’un guide nous demande de ne pas nous presser pour visiter un endroit, et j’apprécie d’autant plus le conseil lorsque je comprends que ça fait aussi partie de la culture locale. Alors c’est parti pour l’ascension, tranquillement, sans se presser. Une fois en haut, ce qui me frappe immédiatement, c’est le calme qui règne. Pas un bruit de moteur, pas de conversation, ni de bruits de pas. Rien. Juste le silence. Et cette forêt à perte de vue. C’est tellement apaisant. Comme le guide nous l’a suggéré, une fois en haut, on prend son temps, pas besoin de redescendre aussitôt, il faut apprécier le moment. Alors, on l’apprécie !

Avant de faire une petite pause repas, nous embarquons pour la visite du temple Prasat Pram, à quelques minutes de voiture de Prasat Prang. Contre toute attente, c’est ici que nous rencontrons le plus de monde, plusieurs voitures sont déjà sur le parking (qui est minuscule), mais ce n’est toujours pas la foule comme on peut la retrouver sur d'autres sites plus populaires. Prasat Pram, dont le nom khmer signifie cinq temples, est littéralement un groupe de cinq temples hindous en forme de petite tour. Ce qui rend ce site si singulier est le fait que certaines de ces tours, faites de grès et de briques rouges, sont englouties par les racines des arbres qui ont repris leur place au fil des siècles. Même si c’est la seconde fois aujourd’hui que nous visitons ce type de temple, le spectacle en reste toujours aussi impressionnant.

Nous faisons à présent une petite pause bien méritée dans un restaurant en bord de route qui semble clairement avoir été fait pour accueillir et restaurer les groupes qui visitent les sites alentour. Le repas du midi, qui est compris dans le prix du tour, propose un grand choix de plats cambodgiens, tous plus alléchants les uns que les autres. Malgré l’aspect touristique du lieu, nous ne sommes pas déçus ni par la nourriture, ni par l’ambiance très arborée.

Dernière découverte de la journée, le temple rose de Banteay Srei. Construit au Xe siècle dans du grès rose, il est l’un des temples les plus populaires de la région. Entouré par des douves et des murs d’enceinte, on y découvre de magnifiques sculptures dont les détails sont si finement creusés qu’on a de la peine à croire que ce lieu a traversé tant de siècles. La visite de ce temple est comprise dans le Pass Angkor que nous avons et nous ne devons donc pas acheter de ticket supplémentaire pour celui-ci.

Il est maintenant 16h, la journée touche gentiment à sa fin et on nous ramène directement à l'hôtel. Nous avons parcouru beaucoup de kilomètres aujourd'hui, mais cela en valait vraiment la peine. Comme c’était agréable de voir tous ces temples millénaires sans la foule. Ce ne sera pas la même ces deux prochains jours lorsque nous découvrirons les temples de la cité d’Angkor. Je recommanderais sans hésiter ce tour guidé, notre chauffeur et notre guide étaient d’une telle gentillesse et semblaient vraiment passionnés. Tout au long de la journée, nous avons eu le droit à des bouteilles d’eau fraîche, des petites serviettes froides ainsi que des fruits et autres petites collations. Le service était vraiment au rendez-vous.

Nous passons la fin de la journée à la piscine de l'hôtel, puis le soir venu, nous nous lançons à la recherche d’un supermarché, repéré sur internet, qui a l’air plutôt grand et semblable à ce que l’on connaît chez nous, le Angkor Market II. Nous nous y rendons à pied, ce qui nous permet également de voir la ville de nuit, et nous découvrons que celle-ci a un tout autre visage une fois le soleil couché. Les grandes places totalement vides en journée sont à présent remplies de personnes qui font du sport, de la danse et d’autres activités en groupe. Il semble que tout le monde attend ce moment de la journée avec impatience pour se retrouver enfin dans la fraîcheur de l’extérieur. Dès notre arrivée au supermarché, nous remarquons très rapidement qu’il n’a certainement pas été construit pour les locaux, l’endroit semble tout neuf, sur deux étages et la grande majorité des produits sont des marques occidentales que nous connaissons très bien chez nous. Ça contraste drastiquement avec tous les petits markets que nous avons croisés jusqu’à présent, mais nous y ferons tout de même quelques courses pour notre repas du soir.

Temple Beng Mealea, Cambodge
Temple Beng Mealea, Cambodge
Trois tours du temple Prasat Pram, Cambodge
Trois tours du temple Prasat Pram, Cambodge
Prasat Prang, le temple pyramide, Cambodge
Prasat Prang, le temple pyramide, Cambodge
Intérieur du temple rose Banteay Srei, Cambodge
Intérieur du temple rose Banteay Srei, Cambodge

Jour 5 - Les temples d’Angkor au lever de soleil

Réveil aux aurores, il est à peu près 4h20 lorsqu’un minibus passe nous récupérer devant notre hôtel. Pour cette seconde journée de visites de temples, nous avons à nouveau réservé un tour guidé via GetYourGuide : deux jours de visites aux temples d’Angkor. En cette première journée, l’objectif principal est d’admirer le lever du soleil sur le célèbre temple d’Angkor Wat, puis de visiter trois autres temples emblématiques de la région de Siem Reap. De notre côté, comme nous avions déjà acheté le Pass Angkor, d’une validité de 3 jours, directement sur le site officiel Angkor entreprise nous n’avons pas besoin de repasser par la billetterie pour ce tour, mais le minibus s’y arrête tout de même pour les trois personnes qui en avaient besoin. Nous sommes ensuite déposés au plus proche de l’entrée d’Angkor Wat. On vérifie nos pass, il est tout juste 5h, puis notre petit groupe marche derrière le guide, dans le noir le plus total, jusqu’à l’intérieur de la première enceinte du temple (l’accès à l’intérieur du temple n’est autorisé qu’à partir de 6h). L’ambiance est folle, tout le monde est excité et le fait de ne pas voir l’ensemble des lieux et de n’en deviner que des silhouettes ne fait qu’accentuer l’impatience générale. En amont, notre guide nous avait tout de même expliqué l’architecture du lieu et indiqué, selon son expérience, quel était le meilleur endroit pour admirer le lever du soleil au-dessus du temple d’Angkor Wat.

BON À SAVOIR : une fois le premier mur d’enceinte passé, on se retrouve en face du temple comme on se l’imagine, devant lequel on trouve deux grands bassins. Au moment de notre visite, en novembre 2025, le bassin de gauche, lorsque l’on se tient face au temple, était en rénovation, ce qui fait que tout le monde s’est positionné du côté du bassin de droite, depuis lequel la grande majorité des photos que l’on voit sont prises.

Il est environ 5h15 lorsque nous nous positionnons derrière le bassin de droite et formons la 2ᵉ ligne, ce qui signifie qu’à peu près 100 personnes sont arrivées avant nous pour être au premier rang, au plus proche de l’eau, pour immortaliser ce moment. Mais la nature étant ce qu’elle est, sauvage et imprévisible, ce n’est pas aujourd’hui que nous verrons un lever de soleil orangé comme nous l'espérions tous. À la place, une belle couleur bleue se propage depuis l’arrière du temple, ce qui nous permet tout de même de découvrir ses formes, peu à peu, et son reflet sur le bassin se dessine également.

Nous retrouvons finalement notre guide et entamons la visite de cet édifice emblématique dont la silhouette est représentée sur le drapeau national du Cambodge. Angkor Wat est le plus grand temple du complexe monumental d'Angkor, qui est réparti sur près de 160 hectares. Le temple d’Angkor Wat a été construit par le roi khmer Suryavarman II au début du XIIe siècle. Il est le seul temple du complexe à être resté un important site religieux depuis sa construction ; initialement hindou et dédié au dieu Vishnou, il a progressivement été transformé en temple bouddhiste vers la fin du XIIe siècle. Sa beauté ainsi que sa taille sont telles que beaucoup le considèrent comme la huitième merveille du monde. Nous passons environ deux heures sur place, à découvrir l’histoire des lieux et à arpenter ses nombreuses salles, mais malgré cela, nous n’arrivons clairement pas à tout voir.

Avant que l'intégralité de Siem Reap ne se réveille et se décide à venir visiter les temples, notre guide nous emmène au temple de Ta Prohm. C’est le moment que j’attends avec impatience depuis le début de ce voyage, et c’est également celui qui m’a donné envie, il y a plus de 20 ans, de venir découvrir le Cambodge et ses temples. En effet, dans les années 2000, il a été le lieu de tournages de certaines scènes du film Lara Croft : Tomb Raider et ainsi, il reste encore aujourd'hui, pour certains, le temple d’Angelina Jolie.

Construit entre la fin du XIIe siècle et le début du XIIIe siècle, Ta Prohm a été construit sous le règne du dernier grand roi de l'empire khmer Jayavarman VII, adepte du bouddhisme mahāyāna, qui dédia ce lieu à sa mère. Tout comme les temples de Prasat Pram et Prasat Beng Mealea que nous avons découverts hier, le temple de Ta Prohm est, de nos jours, situé au milieu de la jungle, recouvert par la nature et d’impressionnantes racines d’arbres fromagers ont poussé à travers les murs et s’élèvent à plusieurs mètres au-dessus des constructions. C’est vraiment très impressionnant et majestueux.

Malgré mon envie de passer encore du temps à découvrir les moindres recoins de ce temple emblématique à mes yeux, il est temps pour notre petit groupe de continuer notre journée ailleurs. Après un rapide arrêt petit déjeuner (non compris dans le prix du tour) dans un restaurant en bord de route, construit spécialement pour accueillir les visiteurs des temples, nous arrivons au temple Ta Keo, construit quelques centaines d’années avant le temple d'Angkor Wat, entre la fin du Xe siècle et début du XIe siècle, par le roi Jayavarman V. Les travaux ont continué pendant son règne, mais ont ensuite été interrompus par l'accession au trône de son rival, Sūryavarman Ier, en 1010, ce qui donne à ce temple un aspect plus brut que les autres. C’est une architecture de style temple-montagne classique qui a été choisie pour Ta Keo, avec cinq tours élevées sur une plateforme pyramidale à cinq niveaux et extrêmement escarpée. En arrivant sur place, certaines personnes de notre petit groupe abandonnent l’idée de gravir l’escalier en pierre qui mène au dernier étage tant il est abrupt et les marches sont anormalement peu profondes. Pour ma part, je me lance, et c’est pratiquement à quatre pattes que j'accède à la dernière plateforme. Mais l’effort est loin d'être terminé, déjà car si on souhaite également découvrir l'intérieur des petites tours, où se trouve une statue de Bouddha, alors de nouveaux escaliers, plus petits mais tout aussi raides, nous attendent encore. Puis, lorsque l’on souhaite redescendre, c’est encore une nouvelle épreuve qui se dresse devant nous car ce sont les mêmes marches qu’il faut emprunter. Là, chacun sa technique, certains rebroussent à quatre pattes, d’autres en crabe et les plus téméraires tentent de descendre comme dans un escalier normal (ce qui est de loin la technique la plus dangereuse de toutes). Avant de clôturer la visite du temple Ta Keo, notre guide nous en dit un peu plus sur ces escaliers. S’ils ont été construits de la sorte, ce n’est pas par erreur de calculs ou parce qu’ils avaient des plus petits pieds que nous aujourd’hui, mais c’est un véritable choix. Cela oblige le visiteur à gravir les marches avec les mains et les pieds et ainsi à se courber durant l’ascension pour montrer son respect envers les dieux à travers l’effort.

Notre dernière visite de la journée est le temple de Bayon, également connu sous le nom du temple aux milles visages. Il est visiblement l’un des temples les plus attendus par notre petite troupe du jour, on sent l’excitation monter dans notre minibus. Tout comme Ta Keo et Angkor Wat, que nous avons découvert plus tôt aujourd’hui, Prasat Bayon à également une architecture de style temple-montagne.

BON À SAVOIR : Si le style d’architecture temple-montagne est autant utilisé au Cambodge pour les temples c'est parce que celle-ci donne une représentation symbolique du Mont Meru qui est la demeure mythique des dieux, tant dans l'hindouisme que dans le bouddhisme. Les cinq tours centrales en forme de lotus représentant les cinq pics du Mont Meru, et les douves qui entourent les temples sont les océans cosmiques. Quant à la structure en pyramide, celle-ci représente l'ascension vers le monde divin.

Nous étions tous bien fatigués après cette longue journée de visite qui a commencé très tôt, et j’ai un peu l’impression d'être un peu passée à côté de la découverte du temple de Bayon. La singularité de ce temple se trouve au sommet de ses 54 tours où des visages monumentaux ont été gravés dans la roche. Ainsi, tout au long de la visite des lieux, nous nous sentons observés à chaque instant, car ce sont plus de 200 visages, tous quelque peu différents les uns des autres, mais chacun exprimant pourtant la même sérénité à travers un léger sourire, qui nous observent avec bienveillance. Au cours de nos déambulations parmi les nombreuses salles du temple, notre guide délaisse petit à petit le côté historique pour se transformer en véritable photographe : il nous dévoile ses angles de vue préférés pour prendre de beaux clichés et nous fait passer, un par un, pour immortaliser notre présence en ces lieux. L’ambiance tourne vite à la course d’école et redonne un peu d’énergie à notre petit groupe. Ce que nous retiendrons de l’histoire du temple de Bayon, c’est qu’il a été construit à la fin du XIIe siècle sous le règne du roi Jayavarman VII. Quant à ces mystérieux visages, il y a encore aujourd’hui un grand débat pour savoir qui ils représentent. Certains pensent à Bouddha bien sûr, quand d’autres y voient plutôt Brahmā, le créateur de l’univers pour les hindous.

C’est dans cette bonne ambiance que notre journée de visite de ses quatre temples du complexe d’Angkor touche à sa fin. Nous remontons tous dans notre minibus et sommes ensuite déposés, petit à petit, dans nos hôtels respectifs. Certains profitent du reste de l’après-midi pour partir à la découverte des temples de Beng Mealea ou Banteay Srei, que nous avons visités hier. Quant à nous, c’est en direction de la piscine de notre hôtel que nous nous dirigeons pour nous reposer un peu.

À la nuit tombée, nous choisissons de retourner à Angkor Market II pour faire quelques nouvelles emplettes pour le repas du soir. Cette petite marche nous permet, encore une fois, de découvrir la ville de nuit qui est toujours aussi animée.

Temple d'Angkor Wat, SIem Reap, Cambodge
Temple d'Angkor Wat, SIem Reap, Cambodge
Arbre fromager du temple de Ta Prohm, SIem Reap, Cambodge
Arbre fromager du temple de Ta Prohm, SIem Reap, Cambodge
Entrée du temple Ta Keo, SIem Reap, Cambodge
Entrée du temple Ta Keo, SIem Reap, Cambodge
Visages du temple de Bayon, SIem Reap, Cambodge
Visages du temple de Bayon, SIem Reap, Cambodge

Jour 6 - Les temples d’Angkor au coucher de soleil

Pour notre dernière journée complète à Siem Reap, nous reprenons la route des temples du complexe d’Angkor. Cette fois, ce ne sont pas moins de sept temples que nous allons découvrir, toujours en petit groupe, dans notre minibus avec le même chauffeur que la veille, mais pas avec le même guide. Alors que celui d’hier était plus porté sur l’aspect esthétique des temples, notre guide du jour semble bien plus porté sur leur histoire. Comme hier, tous les temples que nous allons visiter sont compris dans le Pass Angkor que nous avons à présent tous en notre possession.

Notre marathon commence par le temple de Preah Khan où nous arrivons aux alentours de 11h et malgré cette heure avancée de la matinée, il n’y a qu’un seul autre groupe sur place, ce qui est très appréciable après les foules que nous avons croisées hier. Preah Khan est un temple bouddhiste construit par le roi khmer Jayavarman VII vers 1191. Ayant déjà dédié le temple de Ta Prohm à sa mère, il décida de faire bâtir celui-ci en l’honneur de son père. L’endroit est vaste et construit à plat, formant une symétrie parfaite, ce qui pousse notre guide à nous demander de bien rester groupés car si l’un de nous se perd, il va être difficile de retrouver son chemin. Et en effet, c’est un vrai labyrinthe de couloirs voûtés, avec des sculptures raffinées, des grandes salles aujourd’hui vides et, à certains endroits, des pierres sont couvertes de mousse.

C’est sans avoir perdu personne que nous quittons les lieux pour rejoindre le second temple du jour : Neak Poan. Selon notre guide, la meilleure partie de la visite de ce temple est son chemin d'accès. En effet, le petit temple bouddhique de Neak Poan, qui a également été construit par le roi Jayavarman VII, à la fin du XIIe siècle, se trouve au centre d’un bassin carré, entouré de quatre bassins plus petits, qui eux ont tous été construits sur une île artificielle située au centre d’un grand réservoir et sur laquelle on accède par une très longue plateforme semblant flotter sur l’eau. Au-delà de cette curiosité architecturale, il est vrai que le temple en lui-même n’a rien d’exceptionnel et nous nous contentons d’en faire le tour sans trop nous y attarder.

Le temple de East Mebon est notre arrêt suivant. Dédié au dieu hindou Shiva et bâti au Xe siècle par le roi Rajendravarman II, en l’honneur de la famille royale, ce temple-montagne se distingue par le fait qu’il a été construit sur ce qui était autrefois une île artificielle, située au centre du Baray oriental, un énorme réservoir aujourd’hui à sec. En arrivant sur place, l’une des premières choses qui attire notre attention sont les énormes sculptures monolithiques d’éléphant qui se situent aux quatre coins du premier niveau du temple. Selon notre guide, ces statues ont été sculptées sur place, après que des gros blocs de roches aient été amenés par bateau.

Le temple de East Mebon a une architecture quelque peu similaire à celle de Ta Keo que nous avons visité hier, mais celui-ci est fait de briques rouges. Les escaliers menant à la dernière plateforme sont également bien raides, mais ici, un nouvel escalier en bois a été installé sur le côté du temple pour permettre aux visiteurs les moins aguerris de pouvoir atteindre le sommet en toute sécurité. Bien entendu, la plupart d’entre nous préfèrent gravir, toujours à quatre pattes, l’escalier original. Tout en haut, on retrouve une tour centrale entourée de quatre autres petites tours, toutes construites en briques rouges.

Après une pause déjeuner (non compris dans le prix du tour) bien méritée dans un de ces restaurants de bord de route dont nous commençons à avoir l’habitude, nous repartons à la découverte de nos trois derniers lieux de la journée et nous commençons par le temple de Ta Som. Érigé, encore et toujours par le roi Jayavarman VII, vers la fin du XIIe siècle, puis agrandi par le roi Indravarman II qui régna dès 1218, ce temple peut faire penser, dans sa construction, au temple de Bayon que nous avons découvert la veille. Et en effet, il n’est pas difficile de voir la ressemblance, puisque dès l’entrée, on passe sous une porte au-dessus de laquelle on retrouve ces visages sculptés à l’air énigmatique. À nouveau ici, nous ne croisons presque personne, alors que les lieux sont vraiment magnifiques. Niché dans la jungle, les arbres ont, ici aussi, repris possession des lieux et grimpent sur et à travers les murs du temple. Ta Som est, selon moi, la véritable belle surprise de cette journée et s’il n’y avait qu’un temple à ne pas louper sur ce tour, ce serait certainement celui-là. Il y a vraiment quelque chose de spécial qui s’en dégage.

Dernière véritable visite de la journée, nous voilà arrivés au temple de Pre Rup. Construit au Xe siècle, à nouveau par le roi Rajendravarman II, ce temple en briques rouges ressemble beaucoup à celui de East Mebon, édifié quelques années plus tôt par le même roi, bien qu’il paraisse plus imposant et en meilleur état. La petite particularité de Pre Rup est le fait qu’il était vraisemblablement utilisé pour des rites funéraires. En effet, situé en bas de l’escalier principal, on retrouve un bassin rectangulaire qui aurait servi pour les crémations royales. Alors, après avoir écouté les explications de notre guide, bien assis à l'ombre d’une des tours du temple, nous revoilà partis à l'assaut de ce gigantesque escalier, toujours aussi raide et toujours à quatre pattes (on ne change pas une méthode qui marche). Cette fois, pas d’escalier en bois pour aider les visiteurs, on monte et on redescend par le même endroit et on fait surtout bien attention à la descente car les marches sont toujours aussi petites pour nos grands pieds des temps modernes.

Pour clôturer cette longue journée de visite de temples, notre chauffeur nous dépose au pied de la colline Phnom Bakheng que nous allons gravir, en une vingtaine de minutes, en empruntant un petit chemin caillouteux qui serpente à travers la jungle, pour atteindre le temple du même nom, situé à son sommet. Construit au IXe siècle par le roi Yasovarman Ier, il est le premier temple-montagne bâti sur le site d'Angkor et était dédié au dieu hindou Shiva. De nos jours, le lieu est principalement connu pour son point de vue imprenable sur la jungle environnante et est parfait pour admirer le coucher du soleil. En regardant bien le panorama, on peut même apercevoir le haut des tours du temple d’Angkor Wat à travers les arbres, une apparition inattendue que nous trouvons magique. En arrivant en haut de la colline, il nous reste à monter un escalier en bois, ajouté spécialement pour les visiteurs, afin d’arriver sur la plateforme du temple. Ici, il est un peu difficile de s’imaginer la grandeur du lieu car il ne reste pas grand-chose debout, contrairement à d’autres temples que nous avons pu découvrir durant nos différents jours de visites. Après un rapide tour des lieux, notre guide nous conseille de nous trouver une place de choix pour assister au coucher du soleil, avant qu’il n’y ait plus de places disponibles. C’est donc ce que nous faisons, et malgré la foule qui commence doucement à arriver, nous sommes plutôt bien placés, en deuxième ligne, avec une vue imprenable sur la nature qui nous entoure.

BON À SAVOIR : le temple de Phnom Bakheng étant particulièrement connu pour sa vue imprenable sur les temples et la jungle alentour au moment du coucher du soleil, il est recommandé d’arriver assez tôt si on veut avoir une bonne place pour l’admirer. De notre côté, nous avons atteint le temple un peu avant 17h pour nous donner le temps d’en faire le tour avant d’aller trouver une place de choix pour admirer la vue. De plus, il semblerait que le lieu soit maintenant tellement prisé à ce moment de la journée que l'accès est limité à 300 personnes. Il est donc recommandé de passer la vérification des billets entre 16h et 16h30 si on veut être certain de pouvoir accéder au site pour le coucher du soleil.

Nous terminons donc cette longue journée de visites par un coucher de soleil quelque peu caché par des nuages lointains, mais cela ne nous empêche pas de voir quelques belles couleurs. Puis, lorsque ce spectacle de la nature se termine, c’est tous ensemble que nous reprenons le chemin, en sens inverse, dans le noir complet. Une ambiance joviale se dégage de cette procession, comme une course d’école géante, regroupant des personnes venant des quatre coins du monde. C’est vraiment beau à vivre.

Nous retrouvons finalement notre guide et le reste de notre groupe en bas de la colline puis remontons dans notre minibus qui nous déposera, petit à petit, à nos hôtels respectifs.

Ce soir, c’est avec un petit pincement au cœur que nous nous rendons au restaurant de notre hôtel pour notre dernière soirée à Siem Reap. Après toutes les belles aventures et découvertes de cette première semaine au Cambodge, il est temps de quitter la capitale des temples pour prendre la direction de la petite ville de Battambang, où de nouvelles explorations nous attendent pour la suite de notre voyage au Cambodge.

Entrée du temple de Preah Khan, Siem Reap, Cambodge
Entrée du temple de Preah Khan, Siem Reap, Cambodge
Grand escalier du temple de Pre Rup, Siem Reap, Cambodge
Grand escalier du temple de Pre Rup, Siem Reap, Cambodge
Bassin artificiel autour du temple de Neak Poan, Cambodge
Bassin artificiel autour du temple de Neak Poan, Cambodge
Temple de Ta Som, Siem Reap, Cambodge
Temple de Ta Som, Siem Reap, Cambodge

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