Ushiku Daibutsu : visiter le plus grand Bouddha du Japon
Une escapade insolite depuis Tokyo à la découverte de Ushiku Daibutsu, un Bouddha géant que l’on explore aussi de l’intérieur.
DESTINATIONJAPONESCAPADE
10 min read


Publication 01.05.2026
Date du voyage Novembre 2024
Trajet en train avec la JR Joban Line depuis la gare de Ueno jusqu’à la gare d’Ushiku (environ 1 heure), puis de la gare d’Ushiku prendre le bus 1 situé devant la sortie Est jusqu'à l'arrêt Ushiku-daibutsu (environ 30 minutes).
Billet de train S'agissant d’une ligne JR, ce trajet est compris dans le JR Pass ou payable avec la carte Suica pour environ 1'040 JPY par personne (6 CHF/6 EUR/5 GBP) le trajet aller. Il est aussi possible d’acheter un billet directement à la gare de Ueno, depuis les bornes automatiques ou aux guichets.
Billet de bus Trajet non couvert par le JR Pass, nous avons payé avec la carte Suica directement en montant dans le bus pour environ 560 JPY par personne (3 CHF/3.5 EUR/3 GBP).
Une visite hors des sentiers battus au pied d'Ushiku Daibutsu
Pour notre dernière journée complète au Japon, nous avions initialement prévu de visiter Nikko, mais en cette matinée pluvieuse, l’idée de se balader en forêt ne nous attire plus tellement. Alors nous changeons nos plans à la dernière minute et repérons que la plus grande statue de Bouddha du Japon n’est qu’à un cinquantaine de kilomètres au Nord-Est de la capitale nippone. C’est donc là que nous choisissons de nous rendre aujourd’hui et grâce à Google Maps, l’itinéraire nous est donné en un seul clic. Nous voilà donc partis à la station d’Ueno, située à quelques mètres de notre hébergement, et trouvons très facilement la ligne de train que nous devons emprunter, JR Joban Line, car tout est extrêmement bien indiqué. Nous payons notre trajet avec la carte Suica et sommes déjà en route en direction de la gare d’Ushiku.
Durant nos rapides recherches d'itinéraire avant de partir, nous avions lu, à plusieurs reprises, qu’une fois arrivé à la gare d’Ushiku, il n’était pas toujours facile de trouver l'arrêt de bus qui mène à la statue. Or, notre expérience est totalement différente. Google Maps indiquant clairement quelle sortie il faut prendre, la sortie Est, nous nous retrouvons directement face aux différents arrêts de bus. C’est à cet instant que nous nous attendions à galérer un peu pour trouver le bon, celui de la ligne Ushiku-Ami Outlets Line, mais là encore, les choses sont extrêmement claires, il y a un panneau avec une photo de la statue du grand Bouddha qui indique clairement quel arrêt est le bon.
BON À SAVOIR : le bus qui fait la liaison entre la gare d’Ushiku et la statue de Bouddha n’a pas une cadence très élevée et varie selon la saison et les jours de la semaine. Au moment de notre visite, en novembre 2024, il ne passait qu’une fois par heure. Il vaut donc mieux bien vérifier les horaires avant de partir afin de ne pas devoir attendre trop longtemps. En utilisant Google Maps, l’itinéraire proposé a pris en compte ce facteur et nous a proposé le trajet avec lequel nous aurons une bonne correspondance.
Le trajet dure une trentaine de minutes, et nous ne sommes que 4 dans le bus, ce qui nous indique déjà que le site ne semble pas être des plus touristiques. Nous descendons à l'arrêt Ushiku Daibutsu et n’avons aucun mal à trouver l’entrée du site. Le parking est immense, ce qui nous fait penser qu’il doit parfois y avoir une foule de voitures, mais il est pourtant complètement vide (alors qu’il est déjà 9h30, ce qui n’est pas tôt lorsqu'il s'agit de visiter des sites touristiques au Japon). Un minivan arrive tout de même à peu près en même temps que nous et nous voyons une dizaine de personnes en descendre. Au moins nous ne serons pas les seuls sur place. Après avoir traversé une sorte de mini shōtengai, ces rues commerçantes couvertes emblématiques du Japon, dont toutes les boutiques sont d’ailleurs encore fermées, nous atteignons enfin l’entrée du lieu et la billetterie. Au guichet, on a le choix entre deux types de billet : uniquement la visite du jardin pour 500 JPY par personne (3 CHF/3 EUR/2.5 GBP) ou le jardin et l'accès à l'intérieur de la statue pour 800 JPY par personne (4.5 CHF/5 EUR/4 GBP). Nous n’avons bien entendu pas fait tout ce chemin pour visiter uniquement les jardins et prenons donc l’accès à l’ensemble du site.
La statue d’Ushiku Daibutsu, inaugurée en 1993, est l’une des plus grandes statues du monde. D’une hauteur totale de 120 mètres, elle repose sur un socle de dix mètres de haut, ainsi que sur une plateforme représentant un lotus, également haute de 10 mètres. C'est dire si on la voit de loin. Elle est donc bien plus imposante que ses voisines de Kamakura (13 mètres de haut) ou Nara (18 mètres de haut) que nous avons pu découvrir lors de notre visite du temple Tōdai-ji. Notre visite commence donc par les jardins entourant la statue d’Ushiku Daibutsu. Bien que le soleil ne soit pas avec nous aujourd’hui, nous voyons quand même tout le potentiel de l’endroit : de grands espaces verts où l’on peut poser son linge pour pique-niquer à l’ombre des arbres, des tables de pique-nique sont d’ailleurs également présentes, et plus loin on retrouve même une sorte de petit parc animalier. En cette fin d'automne, les arbres ont encore quelques feuilles, mais cela doit vraiment être magnifique et agréable de se balader dans ce parc au printemps lorsque les sakura sont en fleurs.




Une expérience surprenante à l'intérieur de la statue
De loin, la statue d’Ushiku Daibutsu est déjà impressionnante, mais plus on s’en approche, plus on se rend véritablement compte de sa taille monumentale. Nous en faisons tout d'abord le tour, pour l’admirer sous tous les angles, puis entrons à l'intérieur par un accès aménagé à l'arrière de la statue. Comme c’est souvent le cas lorsqu’on visite des sites religieux au Japon, il est d'usage d'ôter ses chaussures et c’est ce qu’on nous demande de faire ici. Nous nous retrouvons donc, en chaussettes, dans la première salle avec deux autres Japonaises et une employée du site semble prêt à nous faire une petite tirade explicative. Mais avant de commencer, se doutant que nous ne parlons pas japonais, elle nous tend une feuille plastifiée sur laquelle semblent être traduites les explications qu’elle s'apprête à donner. On nous demande entre autre de ne pas faire de photos, mais nous n’arrivons pas à savoir si cela concerne toutes les pièces ou seulement la première, alors dans le doute, on ne sortira pas notre appareil. Il y a plusieurs niveaux à visiter dans la statue, dont une partie musée qui met en lumière la construction de celle-ci. Dans cette salle, on peut même comparer sa taille à celle de l’un des orteils de ce mastodonte à côté duquel on se sent extrêmement petit.
Nous prenons ensuite l’ascenseur pour nous rendre au niveau de la poitrine du Bouddha, situé environ à 85 mètres au-dessus du sol. Et c’est là que se produit l’une des interactions les plus étranges que nous aurons avec un Japonais. Dans l’ascenseur, une employée nous accueille pour, une fois encore, profiter de ce moment pour nous donner de plus amples explications sur le lieu. Tout comme sa collègue précédente, elle nous demande tout d'abord si nous parlons japonais et comme nous répondons que non, nous nous attendons à recevoir une nouvelle feuille plastifiée explicative. Mais que nenni, pas cette fois. À la place, cette gentille dame se lance dans ses explications… en japonais ! Nous ne comprenons évidemment pas un mot de ce qu'elle nous raconte avec le sourire et elle semble très bien le savoir, mais cela ne l'empêche pas de continuer comme si de rien n’était. Par politesse, nous hochons la tête de temps en temps pour lui montrer que nous l’écoutons tout de même, et, lorsque l’ascenseur arrive enfin à son étage (ce qui a semblé prendre une éternité), nous la remercions en japonais et poursuivons notre découverte des lieux. Cette interaction était tellement lunaire que nous en rions encore aujourd’hui en nous la remémorant. Nous voilà donc au niveau de la poitrine de la statue. Ici, des fenêtres étroites sont installées aux quatre points cardinaux pour permettre aux visiteurs d’admirer le panorama. Par temps clair, il serait même possible d’apercevoir le mythique Mont Fuji ou encore la Tokyo SkyTree. Autant dire qu’aujourd’hui, avec tous les nuages et la pluie, nous ne verrons pas grand-chose des paysages alentour.
La visite se poursuit et nous devons à nouveau prendre l’ascenseur, dans lequel nous attend cette même petite dame qui nous accueil à nouveau avec un sourire chaleureux. Cette fois, pas d’explications, mais nous échangeons quelques sourires et regards espiègles tant nous sommes tous bien conscients que notre interaction précédente n’avait aucun sens. Nous arrivons ensuite à un étage qui s’apparente à une boutique et dans laquelle on peut acheter de l’encens, des statues de Bouddha, de jolis éventails et bien d’autres petits souvenirs des lieux. La fin de la descente s’effectue à pied et le dernier lieu que nous découvrons est pour le moins impressionnante. Nous arrivons dans une salle grande circulaire dans laquelle sont regroupées plus de 3’000 statuettes de Bouddha dorées. C’est très clairement le clou du spectacle et la pièce que nous avons préférée avec la petite partie musée.
En sortant, nous faisons un dernier tour dans le parc avant de quitter les lieux car notre plan pour cet après-midi pluvieux est de retourner à Tokyo et de visiter le siège du Service d'incendie et centre d'éducation à la prévention des catastrophes pour les citoyens qui offre des simulations gratuites et des formations pratiques pour apprendre à réagir en cas de catastrophe naturelle ou d'incendie. Mais c’était sans compter sur le trajet retour qui ne va pas se passer tout à fait comme prévu. Pour retourner à la station d’Ushiku, nous devons reprendre le bus et demandons donc l’itinéraire à Google Maps. Celui-ci nous indique qu’il n’y a pas de bus qui passe à l'arrêt Ushiku-daibutsu pour le moment et que le plus rapide est de se rendre à pied à un autre arrêt, situé à une quinzaine de minutes de marche de là. Alors nous voilà partis en balade en passant par ce qui semble être une zone industrielle dans laquelle nous ne croisons absolument personne. De temps à autre, nous nous retournons pour jeter un œil à la statue d’Ushiku Daibutsu que nous voyons toujours sans mal et cette perspective est tout aussi impressionnante que lorsqu’on le voit d’en bas.
Un trajet retour avec une halte aux Ami Premium Outlets
Après avoir traversé une grande route et n’avoir toujours croisé pratiquement personne, nous arrivons à l'arrêt de bus désigné. Nous nous installons sur les bancs et attendons patiemment qu’il arrive quand soudain, à force de regarder autour de nous, on se rend compte qu’il s’agit de l'arrêt qui dessert un outlet à ciel ouvert. Et la curiosité nous pique : devrions-nous aller jeter un œil ? En plus, nous commençons à avoir faim et il doit certainement y avoir quelques restaurants là-dedans. Nous changeons donc à nouveau nos plans et nous nous embarquons à la découverte du Ami Premium Outlets. Sans surprise, les allées sont plutôt vides et il en est de même pour les magasins, mais cela ne nous empêche pas d’en faire un rapide tour en repérage avant de prendre place à l'Enoteca d’oro Premio, un restaurant italien. Bien qu’il soit indiqué qu’un menu en anglais existe, impossible pour l’équipe de le trouver et les voilà donc partis dans les explications des différents plats de la carte (pizza, pâtes, salades, etc.) dans un anglais certes approximatif, mais avec toute la bonne volonté du monde. Nous finissons donc par choisir deux pizzas, en nous fiant surtout aux photos, et nous recevons quelque chose qui ressemble à ce qui était attendu, mais en version miniature, et avec une petite salade verte. Ce n’est pas mauvais, loin de là, mais ça ne vaut pas une bonne pizza au feu de bois. Une fois ce repas englouti, nous refaisons un tour des magasins et quelques emplettes car les prix sont vraiment intéressants. Pour ne pas louper le bus qui nous ramène à la gare d’Ushiku, nous guettons tout de même de temps à autre les horaires sur Google Maps, histoire d'être certains de ne pas devoir attendre deux heures supplémentaires sur place, et c’est finalement en milieu d’après-midi que nous reprenons le route en direction de Tokyo.




